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Heineken in Afrika
  • Titre original Heineken in Afrika (Prometheus, 2015).
Olivier van Beemen

Olivier van Beemen (1979) suit depuis cinq ans Heineken avec ténacité, Heineken en Afrique plus précisément. Il a publié des articles notamment dans NRC, Le Monde et De Correspondent. Le sujet lui teint tant à coeur qu’il espère y consacrer sa thèse de doctorat en politicologie à l’Université d’Amsterdam. Van Beemen a été correspondant pour des journaux ou magazines réputés tels que Het Financieele Dagblad, Elsevier, Knack, De Tijd et Het Parool, aux Pays-Bas et en Belgique.

Olivier van Beemen

Heineken en Afrique

Le secret le mieux caché d’Heineken.

  • Traduit par Marie Hooghe
  • Maison d’édition Rue de l’Échiquier
  • Date de parution Août 2018

« N’en faites pas une croisade, vous êtes beaucoup trop jeune pour ça », l’avait prévenu le directeur d’Heineken lors d’une première rencontre. Olivier van Beemen, journaliste d’investigation, a pris ces mots pour un encouragement. Souhaitant en savoir davantage sur la face cachée de la grande réussite commerciale d’Heineken, il a par- couru l’Afrique de long en large perdant sept ans, de la Sierra Léone au Nigeria en passant par le Burundi et l’Égypte.

Tout est parti d’un reportage en Tunisie, lors de la révolution de 2011. « Je suis tombé par hasard sur une relation entre la filiale locale de Heineken, qui opérait en joint-venture avec un homme d’affaires lié au clan du président Ben Ali », explique le journaliste. Intrigué, il pousse ses recherches plus loin.

Heineken en Afrique est un livre plein de révélations surprenantes et d’analyses novatrices qui éclairent d’un jour nouveau le monde des affaires en Afrique. Le triomphe d’Heineken va de pair avec de multiples violations des directives internationales. Le géant de la bière a été mêlé à des crimes de guerre, a entretenu de bonnes relations avec des régimes criminels et a échappé aux impôts locaux par des constructions louches. Bref, le succès d’Heineken en Afrique est basé sur des pratiques louches, sur la corruption et les abus de pouvoir.

Dans les onze pays où Heineken fabrique sa bière, Van Beemen a enquêté et partout il s’est heurté à des abus de toutes sortes. Il écorne la réputation de l’entreprise éthique qu’affiche volontiers son directeur. L’exploitation des « filles à bière » au Nigeria, par exemple, est particulièrement choquante. Ces jeunes filles sont mises à la disposition des clients par les responsables locaux chargés des relations publiques.

Les responsables de Heineken n’ont pas voulu coopérer avec cette enquête. Ils n’ont pas non plus réagi quand l’auteur leur a envoyé le manuscrit de son livre avant publication, sollicitant des réactions.

Le but de Van Beemen n’est pas uniquement de désigner un coupable, son livre montre comment les multinationales font des affaires en Afrique : en se salissant les mains, à l’insu de la justice et des médias, tandis qu’en même temps, elles affichent une image d’entreprises socialement responsables, à grand renfort de belles paroles, ce qui n’est finalement, et avant tout, qu’une forme de publicité subventionnée.

Olivier van Beemen se montre opiniâtre. Il fait si bien son travail de journaliste d’investigation que l’entreprise s’est vue obligée de fournir des explications. De Volkskrant

Le cas Heineken illustre à merveille ce dilemme auxquels sont confrontés de grands groupes souvent créateurs d’emplois et d’infrastructures dans des pays où ils doivent doser leur niveau de compromission avec les présidences. Le Monde