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Bureaucratie is een inktvis
  • Titre original Bureaucratie is een inktvis (Boom, 2015).
René ten Bos

René ten Bos (1959) est professeur de philosophie à l’Université Radboud à Nimègue et porte depuis 2017 le titre de Premier Philosophe des Pays-Bas. Il a publié sur des sujets tels que l’éthique de l’organisation du travail, le management stratégique et les questions de genre. En 2015, la coupe Socrate lui a été décerné pour Bureaucratie : encre, paperasse et tentacules. Son livre Water Een geofilosofische geschiedenis (« L’eau. Une histoire géo-philosophique », 2015) a été retenu dans la sélection pour le Prix ECI Littérature.

René ten Bos

Bureaucratie : encre, paperasse et tentacules

La bureaucratie passe pour ennuyeuse et repoussante, un monstre tentaculaire qu'il faut éviter à tout prix.

  • Traduit par Francine Melka
  • Maison d’édition Editions Le Pommier
  • Date de parution 19.10.2017

Dans Bureaucratie : encre, paperasse et tentacules le philosophe René ten Bos explique que la bureaucratie est certes désagréable, mais indispensable, aussi indispensable et incontournable que nos besoins naturels. Au dix-neuvième siècle, en France, l’employé chargé de cette besogne, aussi ennuyeuse qu’obligatoire, était appelé « un chieur d’encre ». Le chieur d’encre produit des comptes-rendus, des copies, des rapports, des notes, des bilans annuels, un travail ne bénéficiant d’aucun statut, indispensable, mais totalement dépourvu d’intérêt.

Ten Bos considère la bureaucratie comme un phénomène à deux facettes. Nous avons tendance à la ridiculiser et pourtant nous sommes obligés de la prendre au sérieux. La bureaucratie, et la « chiasse d’encre » qui en résulte, font partie intégrante de notre existence : « le monde du chieur d’encre est devenu notre monde à tous. » Afin de préserver l’humanité de nos sociétés, nous devons nous préserver de ce monstre qui nous menace à force de règles et de procédures. Il s’en prend à notre humanité, à notre personne même. Enseignants, policiers, fonctionnaires territoriaux, soignants, tous sont étranglés par les protocoles, les comptes-rendus et autres rapports. La soif de tests, de classifications en tous genre est illimitée.

Par ailleurs, Ten Bos souligne la capacité de la bureaucratie à régler, à résoudre et à instruire des affaires. Ainsi, il réfute en partie la critique de la bureaucratie formulée par le philosophe Sygmunt Bauman ou le leader du mouvement Occupy Wall Street, David Graeber, auteur de Pour une anthropologie anarchiste– LUX Editeur, Montréal, 2006, Dette, 5000 ans d’histoire, 2013 et Bureaucratie, 2015, Les liens qui libèrent. Bos approuve Graeber lorsqu’il démontre que la bureaucratie est un système qui rend le citoyen complice, car cette complicité est inévitable. Elle fait partie des « nécessités de l’existence ».

Il serait facile de rejeter la bureaucratie dans sa globalité, mais tel n’est pas le propos de Ten Bos. Selon lui, en chacun de nous se cache un bureaucrate. De plus, ce bureaucrate possède certaines qualités : son travail est dicté par la routine, il est agréablement médiocre, sans ambition, docile, il ne cherche ni à monter en grade ni à se distinguer. Le bureaucrate, en quelque sorte, c’est personne.

Délicieusement satirique, particulièrement original et très accessible au grand public. Le jury de la Coupe Socrate

Une esquisse perspicace et humoristique de l'organisation de la vie que nous avons choisie : la bureaucratie. Orde, revue pour conseillers fiscaux