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Een mooie jonge vrouw
  • Titre original Een mooie jonge vrouw (De Bezige Bij, 2014).
Tommy Wieringa

Tommy Wieringa (1967) est l’auteur du best-seller Joe Speedboot (2005, Actes Sud, 2012), de Caesarion (2009, La Maison engloutie, Actes Sud, 2012) qui figurait sur la short list du Prix litéraire international IMPAC 2013, de Voici les noms (2012, Actes Sud, 2015), couronné par le Prix des lecteurs du Golden Owl Award, et par le Prix Libris de Littérature et de Une femme jeune et belle (2014). Ses livres ont été traduits dans plus de quinze pays et ont reçu des critiques élogieuses aussi bien aux Pays-Bas qu’à l’étranger. Son dernier roman De heilige Rita (2017) (Sainte Rita) a été très bien accueilli aux Pays-Bas.

Tommy Wieringa

Une femme jeune et belle

Un homme détruit par son mariage et sa peur du déclin.

  • Traduit par Bertrand Abraham
  • Maison d’édition Editions Actes Sud
  • Date de parution 01.11.2017

L’un des écrivains phares néerlandais a relevé le défi d’écrire le roman qui, chaque année, constitue le point d’orgue de la Semaine de la Littérature néerlandaise. Le résultat est une tragédie exquise ayant pour thème différence d’âge et points de vue irréconciliables , qui lui a valu l’éloge unanime de la critique.

Pour Edward, virologue, la quarantaine bien avancée, protagoniste d’Une femme jeune et belle, déclin et détérioration sont devenus une obsession. Dans le Bouddhisme, la perception du déclin est vue comme la principale source de la souffrance, et c’est dans cette perspective qu’il voit sa relation avec une femme de quinze ans plus jeune que lui comme un don du ciel : Ruth est non seulement belle, intelligente et pragmatique, elle semble aussi lui apporter une cure de jouvence.

Mais les rôles d’Edward et de Ruth s’inversent : « elle ne l’a pas fait rajeunir, c’est lui qui l’a fait vieillir ». La célébration de leur mariage constitue le sommet de leur relation : à partir de là leurs ennuis se multiplient. Ruth accepte difficilement certains aspects éthiques de la carrière d’Edward (expériences de laboratoire sur des animaux, petits voyages d’agrément). Elle désire un enfant (ce dont Edward se passe très bien), et quand leur fils est enfin né, il n’arrête pas de pleurer.

Epuisée de fatigue, Ruth commence à penser que l’enfant pleure parce qu’il sent que son père ne l’a pas désiré, et elle met Edward à la porte. Il entretient par ailleurs une relation extra-conjugale qui lui apporte encore moins de bonheur.

Edward est une sorte de Job moderne, et Wieringa décrit sa condam- nation dans une prose enlevée et lyrique que servent un riche sens de l’humour et des émotions profondes. Pour une large part, par son manque de confiance et ses pensées négatives, Edward est respon- sable des malheurs qui l’accablent. Son destin est même préfiguré dans un rêve au milieu de l’histoire : « voilà ce qu’il a fait de sa vie, un désert qui s’étend à perte de vue, et de tous les sentiments qu’il ressentait, seules la peur et la confusion sont restées. »

Depuis La maison engloutie, il ne fait pas de doute que Tommy Wieringa est le chef de file de la jeune et très riche littérature néerlandaise. Il confirme ce statut avec son cinquième livre traduit en France, ce glaçant Une femme jeune et belle, parvenant par la seule force de sa capacité d’incarnation à éviter les écueils du conte moral ou de la simple démonstration. Olivier Mory, Livres Hebdo